A l’époque qui nous occupe (1/1/1849 au 1/5/1878) les français adressaient la plupart de leurs lettres territoriales, affranchies avec un seul timbre, noir, bleu ou bistre. A défaut de marques postales rares elles sont peu attirantes, donc faciles à trouver et guère onéreuses. Voici des exemples selon les différents tarifs.
Territoriale à 20c/7,5g.
Du 1/1/49 au 1/7/50.
Cette lettre simple, au tarif du 1/1/49 au 1/7/50 (0 à 7,5g), bien affranchie (1) à 20c, est remise le 27 février 1850 au bureau de Brest-Recouvrance, quartier séparé de Brest par l’estuaire de la Penfeld, et disposant d’un bureau annexé à celui de Brest le 4 septembre 1839 : d’où la mention de «Bau SUPPL».
Territoriale à 25c/7,5g.
Du 1/7/50 au 1/7/54.
Augmentation de 5c mais tranche de poids inchangée pour ce tarif. La lettre (2) écrite à Pontivy le 11 janvier 1854 est confiée à la Distribution de Rohan qui frappe sa cursive «54/ Rohan» et, après que le timbre a été collé, l’oblitère de son losange P.C 2714. La prise en charge s’effectue à la Direction de Josselin (Morbihan). Arrivée à Paris le 14 janvier.
Territoriale à 20c/7,5g.
Du 1/7/54 au 1/1/62.
A compter du 1/7/54 une «prime à l’affranchissement» (taxe supérieure au montant prévu du port, si la lettre est non affranchie, et taxe diminuée de la valeur de l’affranchissement déjà en place) est mise à l’essai pour les seules correspondances de Paris pour Paris. Cette taxe est étendue aux lettres territoriales. La taxe pour non- affranchissement est de 30c. La tranche de poids demeure inchangée mais le port repasse à 20c comme sur ce pli du 17 mai 1858 (3) posté le 17 mai au bureau du Mont-Saint-Michel pour Paris.
Territoriale à 20c/10g.
Du 1/1/62 au 1/9/71.
Le port est maintenu à 20c (4) mais le poids maximum est de 10g, de même que la taxe pour non-affranchissement passe de 25c à 30c Cette lettre part de Saint-Etienne pour Dijon.
Territoriale à 25c/10g.
Du 1/9/71 au 1/1/76.
L’augmentation de 5c tend à compenser les milliards exigés par les Prussiens à l’issue de notre défaite. La taxe de non-affranchissement passe également de 30c à 40c entre le 1/9/71 et le 1/1/76 et le poids de 10g. à 15g. Cela sera main- tenu jusqu’au 1/5/78 à l’arrivée des tarifs unifiés. Cette illustration (5) a pour grand mérite de porter un 25c Cérès au type II et de la planche 4.
Vers l’étranger.
Il était évidemment toujours possible de correspondre vers l’étranger. Un résumé des tarifs se heurterait au nombre des pays, aux trajets terrestres ou nautiques, aux différentes voies avec des tarifs souvent différents et aux affranchissements nécessitant souvent plusieurs timbres. Comme cette longue lettre en port-du (6), rédigée à Montpellier le 10 août, qui n’est confiée à la poste que le 4 décembre 1849. Elle est adressée à Quesaltenango, capitale de la province du même nom située à 100 Km au N.N.O. de Guatemala-city. L’expéditeur a noté «Par le Havre, via Southampton»
En rouge au recto: «Montpellier/33/4dec/49», «P.P.», «P.D» au départ, «PAID/14/DEC/14/1849» transit par la Grande-Bretagne.
En rouge au verso «Bureau Maritime/Havre 8/ dec/49» au départ du Havre.
En noir au recto : «2», «SHIP LETTER», «4» taxeguatémaltèque pour le trajet local.
En noir au verso «Paris/60/7/dec/49», taxe manuscrite française de 15c et au crayon bleu «LXX». Il n’y a, hélas, pas de date d’arrivée.
Revenons en métropole pour envisager des lettres locales, de Paris pour Paris et de la ville pour la (même) ville. Les ports vont du simple aux multiples, dépassant rarement le 5ème , réalisés avec un ou plusieurs timbres, transitant entre Distribution et Direction (et vice-versa), remises aux bureaux de poste, dans des boites aux lettres ou confiées de la main à la main aux facteurs, taxées, déboursées, en retour à l’envoyeur etc…Comme quoi la collection des seuls tarifs français peut occuper une vie de collectionneur. Nous pourrons en reparler si le besoin s’en fait sentir.
Capitaine de vaisseau (H) de La Mettrie,
de l’Académie Européenne de Philatélie (A.E.P.),
de l’Académie de philatélie