Ces petits cachets à date très esthétiques et distinctifs des petits bureaux de province sont prisés des collectionneurs de monographies départementales. Ils constituent également un domaine de collection à part entière et possèdent– à l’instar des timbres-poste – leurs propres «variétés». Démonstration, explication et nomenclature.
C’est en effet ce que l’on constate en étudiant ces timbres à date dans la période de fin de XIXe siècle et début XXe.
Beure est une commune du Doubs, dont le bureau de facteur-receveur sera fonctionnel depuis le 1er juillet 1894. Ici pas de beurre salé, nous sommes dans le Doubs ;-) pourtant cette empreinte ne manque pas de piquant, même si elle perd ses dents, comme nous allons le voir.
La marque postale au type B2 (référence Lautier) est signalée par Pierre Fallot de 1899 à 1910, l’empreinte existe vraisemblablement depuis 1894, voir la lettre de 1896. Ensuite Pierre Fallot signale l’empreinte B3 de 1907 à 1916.
La différence entre B2 et B3 même si ce n’est pas intuitif, ce sont les éléments qui permettent de dater le passage de la lettre dans le service postal. Ainsi il semblerait que depuis août 1906 (date vue) le bloc dateur est tout en chiffres. Pierre Fallot l’indique jusqu’à 1910 avec un bloc dateur en caractères bâtons, comme sur la lettre de 1896, c’est possible, mais dans ce cas c’est vraiment ponctuel, ou éventuellement dans un service dont le volume de courrier n’est pas très important.
Cette empreinte B3 (RD84c pour Barthélémy) est vue jusqu’en 1923, date à laquelle le type B4 le remplace, c’est un autre timbre à date de 27mm de diamètre environ dont seul existe un cercle extérieur en pointillé. Entre-deux le timbre à date au type B3 perdra ses dents (pointillés extérieurs) par suite de l’usure. Voir la carte postale de 1915 où les pointillés extérieurs ne sont plus visibles.
Quelques bureaux sont connus ainsi, dans l’Echo de la Timbrologie en 1964 le docteur Goubin signalait ainsi 16 bureaux, et en 1979 un 17ème bureau était ajouté à la liste. Ces bureaux, principalement des petits bureaux, sont pour la moitié d’entre eux des bureaux de facteur-boitier, (facteur-receveur depuis mai 1893) récemment transformé. Dans cette liste j’ai pu ajouter 12 bureaux, ainsi nous atteignons les 30 bureaux.
Certains bureaux comme Beure, perdront leurs pointillés extérieurs, d’autres seront fabriqués vraisemblablement ainsi, par erreur, comme le suppose le docteur Goubin. Quelques grands bureaux auront à la même époque un timbre à date du même type, ils seront nommés R84C par Barthélémy, dénomination que j’emprunte volontiers. Ainsi les plus connus sont Paris/départ, Marseille/ départ, Marseille/Etranger, Marseille/Ligne de Bône (ne pas confondre avec les types 17 en caractères romains), Nice/arrivée, Montbéliard/ Doubs (ici c’est un timbre à date spécifique au service Ecluse avec Ec à la place de la levée), reste de nombreux timbres à date de service de Paris/ Distribution, Affranchissements, ou autres villes sans l’utilisation de la levée.
Liste des timbres à date signalés et vus : voir tableau
Le timbre à date qui nous intéresse ici est du type B2 et B3 de Lautier, RD84 de Barthélémy. Les caractères que l’on trouve dans la couronne sont des caractères bâtons, remplaçant les timbres à date aux caractères romains précédemment utilisés. C’est seulement en 1886 que les premiers bureaux de Facteurs-Boîtier furent équipés de ces timbres à date. Ainsi il est plutôt rare de trouver des timbres à date avec des éléments mobiles en caractères romains, mais cela existe. J.P. Alexandre indique que les deux premiers bureaux ayant reçu ce timbre à date sont Vic le Fesq dans le Gard et Cherves dans la Vienne, bureaux créés par décision ministérielle en juillet 1886.
Michel Hervé
BIBLIOGRAPHIE
Echo de la Timbrologie n°1326 de juin 1964, n°1497 de mars 1979
Le Cercle Lyonnais d’Etudes Philatéliques & Marcophiles N°87 de 1990.
Dictionnaire historique des timbres & griffes « Standard » de l’Administration française des Postes, de Jean-Pierre Alexandre, 1996.
Histoire Postale du département du Doubs, de Pierre Fallot, 1973.
Nomenclature des cachets à date manuels postérieurs aux types 17bis & 24bis, de André Lautier, 1969