Grand pays à l’origine, le Paraguay s’est vu rétrécir au fil des siècles de même que sa population. Indépendant de l’Espagne depuis le 15 novembre 1811, il a connu une philatélie pour le moins perturbée sous le mandat du président Stroessner. Si son plus haut sommet culmine à 842 mètres, sa collection, elle, est celle d’un grands pays.
Dans la période précolombienne, ce sont les Guaraní qui habitent la partie orientale du pays, à l’est du Río Paraguay. Ils sont constitués d’un ensemble de tribus semi-nomades, plutôt paisibles et accueillantes. Ils doivent cependant souvent se battre contre leurs voisins beaucoup moins pacifiques qui habitent les régions du Gran Chaco, à l’ouest du río Paraguay : ce sont des tribus nettement plus belliqueuses et agressives. Il y a les Payaguá (dont est dérivé le nom du pays), les Guayacurú, les Chiriguano, et nombreuses autres. Alors que les Guaraní ont accepté sans opposition l’arrivée des Espagnols, les tribus occidentales ont mené une longue et farouche guerre contre l’installation des Espagnols. Le premier Espagnol à avoir débarqué le long des fleuves qui mènent au Paraguay est Juan Díaz de Solís, en 1516. C’est lui qui nomme le fleuve qu’il remonte Río de la Plata, mais il y laissera la vie. Le suivant est l’Italien Sebastiano Caboto, qui, entre 1526 et 1530, au service de l’Espagne, explore longuement les rives du Río de la Plata. Puis vient Pedro de Mendoza, qui établit en 1536 un campement qu’il nomme “Puerto de Nuestra Señora Santa María del Buen Ayre”, qui deviendra plus tard Buenos Aires. Les Espagnols ne parviennent pas à s’y maintenir, et dès 1541, le campement est abandonné. Mais une partie des colons, sous la direction de Domingo Martínez de Irala était déjà remontée en 1537 vers le nord, et avait fondé le long de la rive un campement qu’il appelle Puerto de la Candelaria, qui deviendra plus tard la ville de Fuerte Olimpo.
En 1537, Irala est rejoint par Gonzalo de Mendoza et Juan de Salazar y Espinosa, qui, continuant leur exploration du Río Paraguay, fondent le 15 août 1537, jour de la fête de l’Assomption, le campement qu’ils nomment Nuestra Señora Santa María de la Asunción, la future capitale Asunción. Dès le début de la présence espagnole, les régions des grandes rivières (Paraná, Paraguay, Pilcomayo, Río de la Plata) forment la province du Río de la Plata, qui elle-même, à partir de 1542, fait partie de la vice-royauté du Pérou. Et, fait unique dans l’histoire de la colonisation espagnole, ce sont les colons qui s’y sont installés qui peuvent en élire le gouverneur. Domingo Martínez de Irala est élu gouverneur en 1539. Il gouverne la province avec sagesse, mais il est remplacé en 1542 par Álvar Núñez Cabeza de Vaca, le conquistador qui avait exploré le Mexique et la région du Texas. Mais celui-ci entre rapidement en conflit avec les colons espagnols, et il est déjà renvoyé en Espagne en 1544. Irala reprend alors son poste de gouverneur, qu’il gardera jusqu’à sa mort en 1556, sauf une très courte période en 1548-1549.
L’exploitation des indigènes
Là où les Espagnols parviennent à s’installer, ils mettent rapidement les indigènes à leur service. La vie économique se base sur le système que l’on retrouve dans toute l’Amérique espagnole : “l’encomienda”, où les chefs militaires rémunèrent leurs bons soldats en leur octroyant des terres et un groupe d’indigènes, qu’ils ont le devoir d’évangéliser et de protéger, mais qui doivent en échange travailler pour eux. Cela ouvre les portes à d’incroyables excès, et les indigènes ne sont en fait rien de plus que des esclaves. Les abus vont encore s’accroître avec l’arrivée d’esclaves noirs venus d’Afrique.
Afin de protéger les Indiens contre les abus des colons espagnols, des missionnaires s’installent au Paraguay vers la fin du 16e siècle. Ce sont d’abord des franciscains, ensuite et surtout des jésuites. Ils y fondent des “réductions” : ce sont des villages traditionnels, surtout en territoire guaraní, où les jésuites emploient les indigènes comme main-d’œuvre gratuite, mais leur accordent en même temps leur protection contre les abus des colons. Les Indiens, même s’ils doivent accepter d’être évangélisés, peuvent y garder leur mode traditionnel de vie.
Le Paraguay a honoré quelques missionnaires qui sont parmi les premiers fondateurs de ces réductions :
◆ Fray Luis de Bolaños (1550-1629), un franciscain qui a publié le premier catéchisme en langue guaraní.
◆ Fray Juan Bernardo Colmán (1569-1594), un franciscain qui a été le premier martyr de l’Église catholique au Paraguay.
◆ Amancio González y Escobar, un prêtre qui a évangélisé au 18e siècle le Chaco et qui a fondé la réduction de Melodía.
Une des plus importantes réductions des jésuites est celle de San Ignacio Guazú. Fondée en 1609, elle a été dirigée et développée à partir de 1610 par Roque González de Santa Cruz. Roque González de Santa Cruz (1576-1628) est le jésuite le plus important de l’épopée des réductions. Fondateur et organisateur de nombreuses réductions, il est assassiné en 1628 et est devenu le premier saint du Paraguay. Mais les réductions sont constamment menacées par les esclavagistes locaux, qui enlèvent de force de nombreux Indiens des réductions pour les revendre comme esclaves aux planteurs brésiliens. Ce n’est qu’en 1639 que cette traite des Indiens prend fin, lorsque le vice-roi du Pérou autorise enfin les Indiens des réductions à se défendre par les armes.
Privilège aux réductions
La fin de la traite des Indiens signifie le début d’une ère de prospérité pour les réductions, qui deviennent des centres de commerce, d’artisanat et de culture. Les richesses qu’elles apportent au pays leur assurent le soutien des autorités espagnoles, mais à partir de 1700, cette prospérité fait de nombreux envieux. Les privilèges et les protections dont jouissent les réductions suscitent le mécontentement d’un nombre croissant de Paraguayens : les libres-penseurs opposés aux jésuites, les riches colons jaloux de la concurrence des réductions, les pauvres petits fermiers, etc. Cette opposition croissante engendre la “Révolte des Comuneros” entre 1720 et 1725, qui se termine lorsque les notables commencent à craindre la violence croissante des plus pauvres, qui se mettent à piller et incendier leurs domaines et leurs biens.
En 1750, l’Espagne et le Portugal signent le traité de Madrid, qui fixe définitivement les frontières entre leurs possessions coloniales américaines, mais qui exige l’évacuation des réductions sur territoire brésilien, à l’est du Río Uruguay, ce qui ne se fait pas sans difficultés. C’est le début de la fin des réductions au Paraguay. Car en Espagne, Charles III est monté sur le trône en 1759. Anticlérical notoire, il a horreur de voir les jésuites disposer de tant de pouvoir au Paraguay. Il les accuse d’avoir soutenu la révolte des Guaraní contre leur expulsion du Brésil, et les considère comme une menace pour l’Espagne. Début 1767, les jésuites sont expulsés d’Espagne et de ses colonies, et leurs biens sont confisqués par l’État. C’est la fin des réductions, qui sont abandonnées et tombent en ruines en moins de vingt ans. C’est aussi la fin du régime de faveur dont jouissaient les Indiens dans ces réductions, qui étaient pour eux des havres de paix et de bien-être. Actuellement, de nombreuses ruines des réductions paraguayennes sont devenues des sites touristiques, inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.
Le Paraguay actuel était donc inclus dans la vice-royauté du Pérou, avec un gouverneur pour toute la région du Río de la Plata. Mais déjà en 1617, ce gouvernorat avait été divisé en un pour le Río de la Plata, avec Buenos Aires comme capitale, et un pour le Paraguay, avec Asunción comme capitale. Lorsque, devant la menace de plus en plus précise des Portugais venant du Brésil, le roi Charles III crée en 1776 une entité à part, la vice-royauté du Río de la Plata, le Paraguay n’y est pas incorporé et reste dépendant de Lima, où l’on se soucie très peu de cette province de moindre importance. Buenos Aires, la capitale de la vice-royauté du Río de la Plata, devient un port prospère et le Paraguay, sans accès à la mer, sombre dans la misère.
Lorsque l’Argentine se déclare en 1810 indépendante de l’Espagne et constitue le 25 mai 1810 une junte de gouvernement, elle veut créer les Provinces-Unies du Río de la Plata, mais trois territoires refusent de reconnaître cette junte et d’intégrer ces Provinces-Unies : le Paraguay, le Haut-Pérou qui deviendra plus tard la Bolivie, et la Bande orientale qui deviendra l’Uruguay. Le Paraguay, malgré son aversion pour l’Espagne, déteste encore plus l’Argentine qui l’a toujours négligé. L’Argentine veut incorporer le Paraguay de force et y envoie son général Manuel Belgrano, mais celui-ci est deux fois battu, d’abord à la bataille de Paraguarí le 19 janvier 1811, ensuite à celle de Tacuarí le 9 mars 1811. Le Paraguay, conscient de sa force après ces deux victoires, déclare ensuite lui-même son indépendance à Asunción le 14 mai 1811. Le Paraguay a accédé à son indépendance d’une manière très douce. Après les défaites subies par le général argentin Manuel Belgrano début 1811, le gouverneur espagnol d’Asunción Bernardo de Velasco vit dans la crainte et demande la protection militaire des troupes portugaises venant du Brésil.
C’en est trop pour les officiers qui ont remporté les deux victoires de Paraguarí et de Tacuarí. Ils fomentent un complot, et le 14 mai 1811, ils forcent le gouverneur Velasco à reconnaître une junte militaire de gouvernement. Les officiers les plus importants parmi les conjurés sont Pedro Juan Caballero, Vicente Ignacio Iturbe, Fulgencio Yegros, Mauricio José Troche, Fernando de la Mora et José Gaspar Rodríguez de Francia. On les voit tous les six sur le bloc émis en 2011 pour le 200e anniversaire de l’indépendance. Les timbres de 1923, émis pour le 112e anniversaire (sic !) de l’indépendance, montrent la maison où les conjurés se sont réunis le soir du 14 mai 1811.
Le premier gouvernement
La première junte de gouvernement est composée du gouverneur Velasco, de l’Espagnol Juan Valeriano Zeballos et de l’officier José Gaspar Rodríguez de Francia, qui fait partie des conjurés. Mais Velasco est démis de toutes ses fonctions dès le 9 juin, et sa destitution est confirmée par un premier Congrès qui se tient à Asunción du 17 au 20 juin. Ce premier Congrès nomme une nouvelle junte, destinée à exercer le gouvernement pendant cinq ans. Cette nouvelle junte comporte la majorité des officiers qui ont mené la conjuration du 14 mai, et est présidée par le colonel Fulgencio Yegros.
Un deuxième congrès se tient du 30 septembre au 13 octobre 1813. Il est présidé par Pedro Juan Caballero et se clôture par la proclamation définitive de l’indépendance du Paraguay - ce qui met une fin définitive aux tentatives de former les Provinces-Unies du Río de la Plata - et par la promulgation d’une constitution qui donne le pouvoir exécutif à deux consuls, Fulgencio Yegros et José Gaspar Rodríguez de Francia. Un troisième congrès se tient en octobre 1814. Il met fin au système peu efficace des deux consuls, et nomme José Gaspar Rodríguez de Francia “Dictador Supremo de la República” pour cinq ans. Un quatrième Congrès, en mai 1816, va lui attribuer ce titre d’une façon perpétuelle. José Gaspar Rodríguez de Francia, qui se fait appeler “El Supremo” va en effet gouverner le Paraguay jusqu’à sa mort le 20 septembre 1840. Personnage étrange, honnête mais ne tolérant aucune opposition, il va isoler le Paraguay, évitant toute ingérence étrangère aussi bien militaire que politique et économique. Il préserve la paix, instaure l’instruction élémentaire pour tous, développe l’élevage et la culture du maté (le thé local), ce qui favorise les petits agriculteurs. Grand admirateur des excès commis par la révolution française pendant les années de la Terreur 1793-1794, il est parfois nommé le Robespierre paraguayen.
Faisant état d’une soi-disant conspiration contre sa personne en 1820, il fait emprisonner un grand nombre de ses anciens compagnons, et parmi eux Caballero et Yegros. Yegros est exécuté en 1821, tandis que Caballero se suicide. Il est adoré par le petit peuple, qui lui pardonne les méthodes expéditives par lesquelles il exerce son pouvoir absolu et qui accepte d’être complètement isolé du monde extérieur.
En 1961, le Paraguay a émis deux séries pour commémorer le 150e anniversaire de l’indépendance. La première série montre la proclamation de l’indépendance, tandis que la deuxième série regroupe les effigies des trois plus importants artisans de cette indépendance : Pedro Juan Caballero, José Gaspar Rodríguez de Francia et Fulgencio Yegros. D’abord unis, ils deviendront des ennemis irréductibles en 1820, et Caballero et Yegros seront éliminés par Rodríguez de Francia en 1821.
Après la mort de Rodríguez de Francia en 1840, il y a une courte période de chaos, pendant laquelle des anciens opposants à la longue dictature essaient de relever la tête. Finalement, l’on retourne en mars 1841 au système de 1813, avec deux consuls à la tête de l’exécutif : Mariano Roque Alonzo et Carlos Antonio López. Ce dernier, le neveu du dictateur défunt, parvient à évincer son collègue en 1844 et à devenir le seul président du Paraguay, fonction qu’il gardera jusqu’à sa mort en 1862.
Pendant sa longue présidence, il sort le Paraguay de l’isolement total où son prédécesseur avait rangé son pays. À son actif, il faut mentionner ses efforts pour moderniser son pays (chemins de fer, télégraphe, routes) et son souci de développer l’économie (construction d’usines, stimulation du commerce avec l’étranger) et l’instruction (construction de nombreuses écoles). Mais à son passif, il faut constater qu’il a les mêmes tendances dictatoriales que son prédécesseur, et que ses méthodes de gouvernement sont tout aussi expéditives que celles de son oncle. Il se fait appeler “El Exelentísimo” et fait promulguer en 1844 une constitution qui lui donne pratiquement tous les pouvoirs et le nomme président à vie. Il n’a pas la même probité que son oncle : il n’hésite pas à s’enrichir personnellement, ne reculant pas devant la corruption.Conscient que la sortie de l’isolement de son pays augmente les risques de conflit avec ses deux grands voisins, l’Argentine et le Brésil, il développe l’armée, dont il augmente les effectifs et modernise l’armement et l’entraînement.
La dictature
Soucieux de fonder une dynastie, Carlos Antonio López avait préparé son fils Francisco Solano López à lui succéder, et dès la mort de son père en 1862, celui-ci accède lui-même à la présidence. Il mène la même politique que son père et emploie les mêmes méthodes dictatoriales pour exercer son pouvoir absolu. Mais plus ambitieux, et rêvant d’exploits militaires, il va entraîner son pays vers la ruine complète en engageant le Paraguay dans une guerre totale contre ses voisins, le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay.
Tout commence en 1864, quand le Brésil attaque l’Uruguay pour y installer à la présidence un politicien qui lui est favorable, Venancio Flores. Cette ingérence brésilienne dans les affaires de l’Uruguay déplaît fortement au dictateur du Paraguay, Francisco Solano López, qui estime à juste titre que l’équilibre de la région est ainsi rompu en faveur du Brésil. Mais, pour attaquer le Brésil, il commet la faute de vouloir traverser le territoire argentin sans l’autorisation du président de ce pays, Bartolomé Mitre. Celui-ci s’allie avec son ancien ennemi brésilien, et la guerre de la “Triple Alliance” ( Brésil, Argentine et Uruguay) commence en 1865 contre le Paraguay. La guerre est longue et atroce. Le petit Paraguay se bat avec une énergie extraordinaire contre ses puissants voisins.
Les alliés ont d’abord remporté plusieurs victoires importantes, comme dans la bataille navale de Riachuelo (11 juin 1865), dans la bataille d’Estero Bellaco (2 mai 1866) et dans la bataille de Tuyutí (24 mai 1866), mais ils subissent une défaite dans la bataille de Boquerón (18 juillet 1866). Il faut cependant une véritable guerre d’extermination pour venir à bout, en 1870, de la résistance paraguayenne. Francisco Solano López perd la vie le 1er mars 1870 en combattant avec ses derniers soldats.Le Paraguay a perdu les deux tiers de sa population dans la guerre : le nombre d’habitants est réduit de 600 000 avant la guerre à 200 000 en 1870. Moins de 20% des rescapés de la débâcle sont de sexe masculin !
Voyant ses rêves mégalomanes d’un grand Paraguay s’écrouler, Carlos Solano López était devenu de plus en plus paranoïaque. Croyant voir partout des conspirations contre sa personne, il a fait arrêter, torturer et exécuter un grand nombre de ses propres soldats et de ses meilleurs officiers, ainsi que plusieurs membres de sa propre famille, dont ses propres frères. Malgré la ruine totale où il a plongé son pays, il est et reste considéré au Paraguay comme un grand héros national.
Le général le plus capable de l’armée paraguayenne est José Eduvigis Díaz, qui s’est illustré dans presque toutes les batailles de l’armée du Paraguay contre la Triple Alliance, jusqu’à ce qu’il soit grièvement blessé le 26 janvier 1867. Il meurt de ses blessures le 7 février 1867. Il est surprenant que le seul personnage de cette terrible guerre, à part López et Díaz, à figurer sur un timbre-poste soit un Américain, Martin T. McMahon. C’est un officier qui s’est illustré pendant la guerre de Sécession, et qui est nommé ambassadeur des États-Unis à Asunción en 1868, en pleine guerre contre la Triple Alliance. Il doit son timbre au fait que, dans cette guerre, il a choisi résolument le camp du président López. Peut-être qu’il estimait ne pas avoir d’autres options : son prédécesseur à l’ambassade des États-Unis, Charles Ames Washburn, n’échappa que de justesse à son exécution projetée et décidée par López, contre toutes les règles de la diplomatie internationale.
La preuve de l’attachement du Paraguay à la famille López, malgré le désastre final qu’elle a causé, est visible dans la série de timbres-poste émise en 1954 pour honorer ses plus grands héros nationaux : en plus de Bernardino Caballero, qui sera président de 1881 à 1886, on y voit le père et le fils López : à gauche Francisco Solano López et au milieu Carlos Antonio López. Le Paraguay, ruiné, affamé et dévasté, est contraint d’accepter une occupation militaire argentine et brésilienne, qui va durer jusqu’en 1876. L’économie, qui était depuis l’indépendance gérée par l’État, qui évitait soigneusement toute ingérence étrangère, est maintenant entièrement démantelée et tombe entre les mains de grandes compagnies privées, surtout argentines et britanniques. La vie politique reprend petit à petit ses droits. Dès 1870, une nouvelle constitution est promulguée par un ensemble de réfugiés et d’exilés de l’époque López, et un nouveau gouvernement est installé. C’est d’abord un triumvirat, suivi de la courte présidence de Cirilo Antonio Rivarola (1870-1871). Il signe le traité qui met fin à la guerre contre la Triple Alliance, mais il est contraint de démissionner fin 1871 et est assassiné le 31 décembre 1871.
Guy Coutant