Le Mozambique

Companhia do Nyassa, n° taxe 8 Vasco da Gama

Avant l’arrivée des Portugais, le territoire de l’actuel Mozambique n’avait guère d’importance. Le Long du fleuve Zambèze s’étaient installés quelques comptoirs arabes qui servaient au transport de l’or, provenant de l’Empire du Monomotapa, également appelé Empire du Grand Zimbabwe. L’or du Monomotapa exerçait un grand attrait sur de nombreux aventuriers européens, car une croyance assimilait l’or du Monomotapa aux légendaires mines d’or du roi Salomon.

Cet empire recouvrait les territoires actuels du Zimbabwe et de la partie méridionale du Mozambique. Initialement c’étaient les Indiens qui commerçaient avec cet Empire, mais ils furent rapidement remplacés par les Arabes, et après 1500, par les Portugais. Cet or était acheminé par le Zambèze et aboutissait au port de Sofala, d’où il partait vers l’Europe, l’Arabie et l’Inde. Le port de Sofala, situé à environ 35 km au sud de Beira, est actuellement complètement abandonné  suite aux sables mouvants, mais surtout à cause de l’épuisement  des terrains aurifères du Monomotapa.

C'est cependant l'espoir de s'approprier ses richesses qui poussent les portugais, en premier lieu, Vasco da Gama lui-même lors de son deuxième voyage de 1502–1503, à conquérir les territoires qui forment le Mozambique actuel.Il S'avère rapidement que les mines d'or sont pratiquement épuisées, et le commerce de l'or est rapidement remplacé par la traite des esclaves, aussi bien par les Arabes que par les Portugais. Le Portugal, envoie tous les esclaves, capturer dans l'arrière-pays, au Brésil, où la demande de main-d'œuvre est énorme. L'histoire du Mozambique commence véritablement avec l'arrivée de Vasco da Gama.

Le Mozambique portugais jusqu'à 1900

Vasco da Gama est chargé par le roi Manuel Ier d'ouvrir la route de l'Inde au commerce portugais, en passant par la côte occidentale de l'Afrique, et en contournant le Cap de Bonne-Espérance. L'expédition de Vasco da Gama, de 1497 à 1499, est un succès complet. Cette vaste expédition signifie le début d'une ère nouvelle : le prix des épices baisse de moitié, et Gènes et Venise, en perdant leurs monopole, sont les principales victimes de cette nouvelle route.

Début janvier 1498, Vasco da Gama fait escale dans ce qui est actuellement la baie de Maputo, et passe ensuite un mois à Quelimane, où il fait ériger une colonne en souvenir de son passage. Remontant vers le nord, il accoste le 2 mars 1498, à l’île de Mozambique, où règne un potentat local, le sultan islamique Mussa bin Bique (dont dérive le nom Mozambique). Mécontent de la minceur des cadeaux apportés par Vasco da Gama, il chasse le 29 mars 1498, la flotte de celui-ci, qui continue vers le nord pour faire une escale à Monbassa, dans l’actuel Kenia. Lors de son deuxième voyage. (1502-1503) Vasco da Gama soumet, plusieurs tribus côtières, et prend l'île de Mozambique, comme centre de l'expansion future des territoires mozambiquiens. Cette île est définitivement conquise par les Portugais en 1506.

Initialement, les possessions, portugaises au Mozambique sont placées sous l'autorité du vice roi des Indes, qui réside à Goa. Les Portugais commencent à fortifier l'île et y construisent en 1522 la Chapelle de Nossa Senhora de Balustre. C'est le tout premier bâtiment européen, construit dans l'hémisphère sud de l'Afrique. Dans le courant de la deuxième moitié du XVIe siècle, les Portugais y construisent le fort de Sao Sebastiano, dont les imposant vestiges subsistent toujours. En 1544, le navigateur portugais Lourenço Marques explore la baie de Maputo, s’y installe, et y fonde une ville à laquelle il donne son nom, Lourenço Marques, qui deviendra la capitale du Mozambique et qui prendra après l'indépendance, le nom de Maputo.

À partir du XVIIe siècle, Lisbonne se désintéresse tout à fait de la côte orientale de l'Afrique, sauf pour y récolter des esclaves qui sont envoyés au Brésil, une colonie nettement plus rentable. Ils instaure au Mozambique le régime des prazos. Un prazo est un domaine foncier loué à des colons pour exploiter les ressources locales. Rapidement, ces prazos deviennent des petits royaumes autonome, ne tenant aucun compte des lois et des décrets de Lisbonne, qui n'exerce pratiquement aucun contrôle sur ce qui se passe au Mozambique.

À partir de 1840, Lisbonne essaie sans succès de réduire le pouvoir des prazeiros, qui continuent à gouverner librement leurs prazos, exploitant la population locale soumise aux travaux forcés et à l'arbitraire des maîtres blancs. Sous le règne du roi Luis Ier, le Portugal, proclame en 1869, officiellement l'abolition de l'esclavage, mais sur place, les prazieros ne se soucient pas le moins du monde de ce décret de Lisbonne.

Le rêve du Portugal est de réunir l'océan atlantique à l'océan indien en créant un axe ouest-est allant de l'Angola jusqu'au Mozambique. Ce grand projet, appelé Carte rose (Mapa Cor-de-Rosa) est lancé vers 1875 pour contrecarrer l'expansionnisme britannique qui vise à réaliser un axe nord–sud de l'Afrique sous contrôle britannique. Plusieurs expéditions sont organisées pour explorer la région entre l'Angola et le Mozambique. Les plus importantes sont celle de Serpa Pinto et celle de Roberto Ivens et Hermennegildo Capelo. Alexandre de Serpa Pinto entamant, 1877, un grand voyage à l'intérieur de l'Afrique pour explorer plus à fond les bassins du Zambèze es du Congo.  Il est accompagné des capitaines Capelo et Ivens. Ils partent en novembre 1877 de Benguela, sur la côte de l'Angola, mais peu après le départ, ils se séparent : Capelo et Ivens continuent vers le nord, tandis que Serpa Pinto s'enfonce vers l'est. Il termine son expédition en 1879 à Pretoria. Il sera nommé en 1889 gouverneur du Mozambique. Roberto Ivens, après ce premier, voyage, entreprends, toujours avec Capelo, une deuxième expédition en 1884 qui le mène de de l'Angola, jusqu'à Quelimane, au Mozambique sur l'océan indien. Les expéditions de Serpa Pinto, Ivens et Capelo, servent à soutenir la thèse que le Portugal défend lors de la conférence de Berlin de 1884-1885, où décide le partage de l'Afrique entre les grandes puissances européennes.

Cette conférence de Berlin n'est pas un succès pour Lisbonne : les grandes puissances acceptent la souveraineté portugaise sur l'Angola et le Mozambique, mais sous la pression anglaise, n'accordent pas le droit au Portugal de réaliser la jonction ouest–est entre l'Angola et le Mozambique. En plus, le Portugal doit accepter la liberté de navigation sur le fleuve Zambèze.

Entre-temps, au Transvaal, après les diamants dans les années 1870, on avait découvert dans les années 1880, de fabuleux gisements aurifères, qui donnèrent une prodigieuse richesse aux Transvaal mais qui furent à l'origine de sa perte devant l'impérialisme britannique. L’or et les minerais du Transvaal transitent vers Lourenço Marques, qui devient en quelques mois un port important. L’île de Mozambique perd rapidement sa prédominance, et en 1887 Lourenço Marques, qui n'était jusqu'alors qu'une simple bourgade, reçoit le statut de Cidade (ville), avant de devenir en 1898 la capitale du Mozambique. Après l'indépendance, la ville change de nom et devient Maputo, la capitale du pays. Le développement de Lourenço Marques s'accélèrent encore avec l'ouverture dans les années 1890 du chemin de fer entre le Transvaal et la ville.

Entre-temps, le Portugal n'avait pas renoncé à son projet d'un axe ouest-est entièrement portugais en Afrique australe, en reliant l’Angola et le Mozambique. Plusieurs expéditions militaires sont organisées pour réaliser cet axe. La plus importante est celle de Victor Cordon en 1888. La Grande-Bretagne, quant à elle, cherche à réaliser un axe nord–sud  britannique, et Cecil Rhodes, l'archétype de l'impérialisme et du colonialisme britannique, revendique dans ce but tous les territoires au nord du fleuve Limpopo.

Londres, envoie le 11 janvier 1890 un ultimatum à Lisbonne, lui ordonnant d'évacuer les territoires revendiqué par la Grande-Bretagne. Lisbonne se soumet, et enterre ainsi son rêve de réaliser l'axe ouest–est portugais. Le retrait de ses forces militaires devant cet ultimatum est ressenti par la population portugaise comme un camouflet humiliant, et sera quelques années plus tard, une des causes de la chute de la royauté et de l'instauration de la république. Finalement, les frontières définitive entre le Mozambique et la Zambézie du Sud (future Rhodésie du Sud, ensuite Zimbabwe) sont fixées en 1891.

Pendant ce temps, profitant de la faiblesse de l'administration portugaise, des tribus indigènes refoulées par les Zoulous et commandées par Soshangane, avaient créé au XIXe siècle un royaume appelé le royaume de Gaza, dans le sud de la Mozambique. Ce royaume dérange fortement le développement du commerce entre le Transvaal et les ports du Mozambique et Lisbonne décide en 1894 d'envoyer une expédition militaire pour y mettre fin. Cette expédition commence en 1894 et est commandée par Joaquim Mousinho de Albuquerque, qui remporte victoire après victoire sur les forces indigènes et parvient finalement fin 1895 à éliminer les dernières forces du royaume et à emprisonner le roi, Gungunhana, qui est exilé aux Açores.

Un grand défenseur du colonialisme portugais et Antonio Enes. D'abord en tant que ministre portugais de la Marine et des Affaires d'outre-mer (1890-1891), ensuite comme gouverneur au Mozambique (1891-1896), il a défendu avec passion les points de vue portugais sur la scène international et a soutenu l'expédition de Mousinho de Albuquerque contre le royaume de Gaza.

Les compagnies portugaises

La colonie du Mozambique dans son ensemble à émis ses propres timbres depuis 1876. À la fin du XIXe siècle, les districts individuels (l’équivalent de nos provinces) se voient accorder une autonomie postale et certains émettent leur leurs propres timbres, comme Inhambane (1895), Lourenço Marques (1893), Moçambique (le district, pas toute la colonie) et Zambezia (dès 1893).

Jusqu'en 1913, le district du Zambèze englobait les régions de Tete et de Quelimane. En mai 1913, ces deux districts reçoivent à leur tour une autonomie postale et émettent leurs propres timbres. Ces timbres des différents districts avec autonomie postale peuvent être employés jusqu'en 1920. À partir de 1920, ils perdent leur validité et sont remplacés par les timbres de l'ensemble du Mozambique. À la fin du XIXe siècle, le Portugal fait appel à des entreprises privées pour gérer une grande partie de sa colonie mozambiquienne. Le Portugal, malgré le fait qu'il est une grande puissance, coloniale reconnue, doit faire appel à ses capitaux privés parce qu'à cette époque, il ne dispose pas de capitaux fiscaux pour mener une politique coloniale appropriée sur ces vastes territoires africains, et trois parties du Mozambique sont transférées à des sociétés privées en raison de cette incapacité financière : 
- La Companhia do Nyassa, au nord du Mozambique 
- La Companhia de Moçambique, au milieu. 
- Entre les deux, il y a avait encore La Companhia de Zambezia, qui n’a pas émis ses propres timbres.

La Companhia do Nyassa est fondée le 28 septembre 1891 et émet ses propres timbres à partir de 1898. Au départ, il s'agit de timbres du district de Mozambique portant la surcharge « NYASSA », mais les autorités se rendent vite compte de la source de revenus que peut représenter l'émission de timbres. À partir de 1901, ils émettent en très grand nombre des timbres colorés, représentants principalement des animaux. Aujourd'hui encore, à l'exception de quelques timbres avec des surcharge local de 1903, ces séries sont ridiculement bon marché, mais à l'époque elles ont connu un énorme succès car elles avaient un « look » extrêmement moderne. Bien que financièrement prospère - et peut-être pour cette raison même - cette Companhia do Nyassa, a été dissoute le 27 octobre 1929, et le territoire a été intégré à la colonie du Mozambique.

La deuxième société, La Companhia Soberana de Moçambique, est fondée le 11 février 1891 à Lisbonne. Son capital de départ est de 1 500 000 livres sterling et ses membres sont principalement d'origine britannique, allemande et sudafricaine. La compagnie est établie pour une période de 50 ans avec une option d'extension. Cependant, aucun renouvellement ne sera accordé en 1941. Le 18 juillet 1942, les droits de la compagnie expirent et le territoire est incorporé à la colonie générale du Mozambique. La Companhia de Moçambique comprend les districts de Manica et Sofala. Le siège de la compagnie se trouve à Lisbonne, mais il existe une administration locale dans la capitale, Beira. La compagnie a le monopole des activités commerciales de l'exploitation minière et de la pêche. Elle peut prélever des impôts et dispose de ses propres timbres fiscaux. Ella a sa propre force de police. Elle gère les installations portuaires de Beira et construit des routes dans la région. Elle bénéficie également de certains privilèges bancaires. La Companhia de Moçambique gère également l'organisation et l'administration postale. Elle crée des bureaux de poste, émet ses propres timbres et ses propres cachets. Cependant, les tarifs postaux sont déterminés par le ministère portugais et les règles de l’U.P.U. s’appliquent également à la compagnie. En outre, la valeur des timbres est indiquée dans la monnaie officiel du Portugal (1000 reis valent 1 milreis; à partir de 1912 : 100 centavos = 1 escudo). Les premiers timbres datent de 1892. Il s'agit de simples surcharges. « COMP DE MOÇAMBIQUE » sur des timbres du district de Moçambique.

À partir de 1895, la Companhia émet ses propres timbres portant désormais le texte « COMPANHIA DE MOÇAMBIQUE ». Ils montrent les armoiries de la société : la partie centrale des armoiries portugaises soutenu par deux éléphants debout. En 1911, après la chute de la monarchie au Portugal en 1910, les timbres sont surchargés « REPUBLICA » Comme à la Companhia do Nyassa, on se rend compte que l'émission de timbres peut constituer une source substantielle de revenus, et, à partir de 1918, la Companhia de Moçambique émet de grandes séries de timbres représentant soit des paysage, soit des scènes de l'économie locale (agriculture, élevage, industrie légère) en deux couleurs. Un total de 59 timbres, dépassant clairement les besoins postaux locaux, sont achetés avec empressement par les philatélistes de l'époque. Les cartes postales suivent le même chemin : un grand nombre d'entiers postaux sont émis, nettement plus qu'il n'en faut pour répondre aux besoins purement postaux. Ils sont particulièrement appréciés des thématiciens.

À partir de 1935, la Companhia de Moçcambique va encore plus loin, en émettant des timbres triangulaires pour le courrier ordinaire et le courrier aérien. Il faut dire que ces timbres imprimés par Waterlow & Sons Ltd à Londres, sont très beaux. La capitale Beira représente environ 80 % des opérations postales effectuées dans la région. La deuxième ville est Macequece, qui doit sa sa prospérité à son emplacement sur la frontière sur la ligne ferroviaire Beira-Salisbury. Macequece représente 11 % des opérations. Quelques autres lieux, on représenté environ 1 % chacun, comme Govuro, Mandingos, la ville portuaire de Mambone, Nova Fontes Villa et Sena, où le pont sur le Zambèze à été construit. La majorité des lettres conservées et purement philatélique. Le port de Beira a rapidement pris une grande importance dans la Companhia de Moçambique. Petite bourgade portuaire fondée en 1891, elle se développe grâce au commerce de la compagnie, et devient un port important après l'ouverture en 1900 du chemin de fer entre Salisbury (Rhodésie du Sud) et Beira.

Beira reçoit comme Lourenço Marques vingt ans plus tôt, officiellement le statut de ville en 1907. Il faut encore mentionner un petit territoire : le triangle de Quionga est une minuscule région actuellement tout au nord du Mozambique, à la frontière avec la Tanzanie. En 1885, le congrès de Berlin avait attribué ce territoire au Portugal, mais les Allemands occupe Quionga en 1894 et l’incorporent à l'Afrique orientale allemande. L'occupation allemande dure jusqu'à la Première Guerre mondiale. En 1916, les forces portugaises parviennent à chasser les Allemands, et après la guerre, la souveraineté portugaise sur ce petit territoire est définitivement reconnue. Quionga est actuellement le point le plus septentrional de la Mozambique. En mai 1926, la nouvelle administration portugaise a émis quatre timbres pour le Quionga : ce sont des timbres de Lourenço Marques surchargés KIONGA.

Le long chemin vers l'indépendance

C'est l'arrivée au pouvoir de Salazar à Lisbonne qui va faire évoluer la situation dans les colonies portugaises. Après avoir opéré un spectaculaire redressement économique du Portugal, en tant que ministre des finances de 1928 à 1932, il devient premier ministre en 1932 et restera l'homme fort du Portugal jusqu'à sa mort en 1970. Il cumule les portefeuilles de premier ministre, des Finances, de la Guerre et des Affaires étrangères ! Consolidant le régime autoritaire, il présente en 1933 une nouvelle constitution qui doit mettre fin à la dictature militaire et introduire l'État Nouveau, en portugais l’Estado Novo. Cet État Nouveau est un régime politique nationaliste proche de l'idéologie fasciste de Mussolini, mais moins totalitaire et moins basé sur le culte de la personnalité. L’État Nouveau est surtout fondée sur le catholicisme et l'anticommunisme.

Défenseur d'une politique colonialiste, alors que le reste des nations européennes décolonisent progressivement, il s'oppose à toutes les tendances d'autodétermination des colonies portugaises, et il mène une guerre coloniale coûteuse et impopulaire pour garder la mainmise du Portugal sur ses colonies, en premier lieu l'Angola et le Mozambique. Cette guerre ne s'achèvera qu'en 1974, avec la révolution du 25 avril. Pour Salazar, les territoires portugais d'outre-mer ne sont en fait pas des colonies mais ils font intégralement partie de la nation portugaise. Il favorise fortement l'émigration des portugais, surtout vers l'Angola et le Mozambique, pour consolider le pouvoir portugais. C'est pourquoi il change en 1951 le statut de ces colonies, qui deviennent les provinces portugaises ultramarines. Le Mozambique devient officiellement une partie du Portugal…

L'importance attachée par Lisbonne, à ses territoires d'outre-mer est soulignée par les voyages que les présidents successifs du Portugal entreprennent dans ses lointaines parties du Portugal.
- il y a la visite au Mozambique en 1939 d’Oscar Carmona, président de 1926 à 1951. 
- Puis celle en 1956 de Francisco Craveiro Lopes, président de 1951 à 1958. 
- Finalement celle en 1964 d’Americo Tomas, président de 1958 à 1974.

Alors que la décolonisation dans les années 1960 bat son plein en France, en Grande-Bretagne, et en Belgique, Lisbonne avec Salazar et après lui, à partir de 1970, Caetano, maintient obstinément le régime colonialiste au Mozambique. Le premier mouvement local de résistance est le FRELIMO ( Frente de Libertaçao de Moçambique), dirigé par Eduardo Mondlane. Créé en 1962, le FRELIMO et de tendance communiste et prône la lutte armée pour libérer le Mozambique. Cette lutte armée est la réponse à la répression de plus en plus prononcée des autorités portugaises envers les indépendantistes. Cette répression culmine le 16 juin 1960 à Mueda, lorsque les militaires portugais ouvrent le feu sur des manifestants, faisant un grand nombre de victimes : c'est le massacre de Mueda. La lutte armée contre les forces portugaises commence en septembre 1964, et le FRELIMO parvient à s'implanter solidement dans le nord du Mozambique. Eduardo Mondlane est assassiné le 3 février 1969 à Dar-es-Salaam, et dès 1970, Samora Machel s’impose comme le nouveau dirigeant du FRELIMO.

La répression portugaise se fait de plus en plus dure, mais cette guerre colonial pour garder la mainmise du Portugal sur ses colonies dégradent fortement les finances de l'État et devient de plus en plus impopulaire. Surtout l'armée commence à s'insurger contre la politique conservatrice du gouvernement. Tout évolue rapidement après la révolution des Oeillets du 25 avril 1974, qui met fin au régime salazariste. Des pourparlers sont entamés avec le FRELIMO pour préparer l'indépendance et le 7 septembre 1974, les accords de Lusaka sont signés, préparant l'indépendance prévue en 1975. La proximité de l'indépendance provoque au Mozambique, un véritable exode de la population portugaise et plus de 120 000 portugais quittent en toute hâte le pays. L'indépendance et proclamer le 25 juin 1975, et Samora Machel devient le premier président de la république mozambiquienne. Les stocks encore disponibles de timbres coloniaux sont surchargés INDEPENDENCIA / 25 JUN 75.

Les années qui suivent l'indépendance, Samora Machel mène une politique ultra-communiste, faisant de son pays la république populaire du Mozambique où il exerce un pouvoir dictatorial. Cette politique provoque l'effondrement de l'économie, l'arrêt presque complet du trafic portuaire et ferroviaire, et mène le pays au bord de la banqueroute. Rapidement, l'opposition se regroupe et forment le RENAMO ( Resistencia Nacional Moçambicana), soutenu par l'Afrique du Sud et les États-Unis. Une terrible guerre civile va opposer le FREMILO et le RENAMO pendant seize ans. Cette guerre civile fait du Mozambique un des trois pays les plus pauvres du monde. Dans le but de redresser les finances, une nouvelle monnaie est introduite au Mozambique le 16 juin 1980, le métical, mais c'est une nouvelle fois un échec : le métical devient une des monnaies les plus dévaluées du monde entier. Samora Machel trouve la mort dans un accident d'avion le 19 octobre 1986. Les derniers mois de sa présidence, il avait essayé d'améliorer les relations de son pays avec les voisins, mais ce n'est qu'après sa mort que se dessine progressivement une politique d'apaisement aussi bien à l'intérieur du pays que sur le plan international.

C'est surtout l'œuvre de Joaquim Chissano qui succède à Machel et qui va occuper la présidence de 1986 à 2005. En 1988, il abandonne la politique ultra communiste de son prédécesseur et se détourne de l’Union soviétique. Cette nouvelle politique permet des négociations entre le FREMILO et le RENAMO qui aboutissent à l'instauration du pluralisme politique inexistant jusqu’alors au Mozambique. Le 4 octobre 1992, un accord de paix est enfin signé qui met fin à seize années de guerre civile. Le successeur de Chissano est Amando Guebuza, président de 2005 à 2015, suivie par Filipe Nyisi à partir de 2015. Tous font également partie du FREMILO. Malgré un calme très relatif la démocratie reste très fragile en Mozambique.

Guy Coutant