Lettres chargées en valeur déclarée

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La plupart des envois postaux de la période dite classique concernaient des lettres ordinaires et, selon l'intérêt que leur portait l'expéditeur ou le destinataire, pouvaient être Recommandés, simplement Chargées et, dans ce dernier cas, en valeur déclarée. La collection de ces dernières peut s’ordonner selon la valeur déclarée, le montant total de l’affranchissement ou bien, comme ici, l’échelon de poids de la simple lettre.

Quelques chiffres

Les statistiques du bureau international des Postes pour l'année 1877, publiées le 1er mai 1879, nous apprennent (chiffres arrondis par nous) que les 37 millions de Français sur 530 000 km² disposaient de 5 600 bureaux de poste : soit 6 600 habitants par bureau.

Dans le service intérieur l'activité concernait le transport de 377 millions de lettres (affranchies ou non, et en franchise) dont 1 824 000 de valeur déclarée pour un total de 700 millions de francs. Ces lettres transportaient donc en valeur une moyenne de 384 francs de l’époque, par envoi.

Le service international en expédiait 26 millions (conter 377) dont 49 000 en valeur déclarée (1 824 000) pour un total de 25 millions (700). La valeur moyenne des déclarations était d’environ 510 francs (384), supérieurs aux nationaux qui comportaient de menus envois familiaux.

De l’étranger la poste française reçut 56 000 lettres en valeur déclarée pour un total de 28 millions de francs, soit 500 francs par envoi.

La valeur déclarée

Le 6 juillet 1859. Le premier tarif entre en vigueur avec un maximum déclarable de 2 000 francs. Le droit proportionnel par 100 francs déclarés, est de 10c réglés en numéraire au guichet de la poste. l’affranchissement de cette enveloppe du 6 avril 1869 1 se décompose en : Poids entre 20 et 100g d’où 80 c - Droit fixe de 20c. Pour 1 400 francs, à raison de 10c par 100 f déclarés, l’expéditeur devait 1,40 franc qu’il régla en numéraire. l’affranchissement en timbre-poste est bien de 1 franc.

Au 1er juin 1870 le droit de 10c doit être acquitté en timbre-poste. Les envois ne peuvent être déposés dans les bureaux de distribution, mais peuvent y être adressés. Port de 25c pour 9g - Droit fixe de 50c - Pour 240 F (Assimiles à 300 f) déclarés, on doit 60c. Total pour l’envoi 2 du 12 septembre 1872 est bien de 1,35 f.

Le 1er septembre 1871 le maximum est toujours de 2 000 francs, le droit proportionnel passe à 20c et le droit fixe à 50c. Conséquences de la guerre. Ici 3 un 2e échelon de 16,60g pour 40c - Droit fixe de 50c - 6 000 f pour 12 f. Total 12,90 f au 3 août 1875.

Au 1er janvier 1876 les envois peuvent être déposés chez les facteurs-boitiers. Le 22 juin 1876 pour un 3e échelon 4 à 14,50g : 70c - Droit fixe de 50c. A raison de 20c par 100 f et pour 3 646 (Assimilé à 3 700 f) il faut 7,40 f. Total de 8,60 f. L’affranchissement en place n’est que de 8,40 f. Il manque donc un timbre à 20c. A croire que le postier n’a compté la valeur déclarée que pour 3 600 f alors que les 20c s’appliquent par 100 f ou fraction !

Ces erreurs sont peu courantes, dans un sens comme dans l’autre. A l’apparition des tarifs unifiés le 1er mai 1878 le port des lettres est modifié. Puis au 1er juillet 1892. Le port s’apprécie par 50g, s’élève à 5c, le droit fixe à 25c, le droit d’assurance par 500 francs, ou fraction, est de 10c et le maximum de déclaration est supprimé. 

Capitaine de Vaisseau (H) de La Mettrie
De l’Académie de Philatélie 
De l’Académie européenne de Philatélie